Le devoir de mémoire : apprendre et se souvenir

Pour les survivants d'un génocide, le silence et l'indifférence des autres, la non-reconnaissance du crime et, pire encore, sa négation sont extrêmement douloureux. Un génocide ne s'arrête pas au moment où les tueries prennent fin. Les génocidaires cherchent également à effacer le souvenir collectif des événements en niant qu'ils se sont produits.

Pendant et après les massacres, les génocidaires cherchent à détruire les preuves, à nier les atrocités, à les minimiser ou à transformer ce qui s'est réellement produit. On prétendra alors que les massacres n'étaient que de l'autodéfense, qu'ils ont eut lieu dans le cadre d'une guerre ou d'une insurrection.

Dans l'espoir de contribuer à ce qu'un tel crime ne se reproduise pas, les survivants, les descendants des disparus et les membres de la communauté internationale s'investissent, individuellement et collectivement, d'un devoir de mémoire qui se vit de deux manières :

Des témoignages sur les atrocités commises pendant le génocide :

  • collections de photographies et de documents d'archives
  • cérémonies et chants commémoratifs
  • livres (récits autobiographiques), conférences, etc.

Des réparations symboliques, par la communauté internationale :

  • restitutions matérielles de biens saisis aux victimes
  • création de lieux de mémoire (généralement sur les sites mêmes du crime)
  • musées
  • monuments
  • expositions thématiques
  • livres (essais)
  • films (documentaires ou fictions inspirés des faits)
  • enseignement du génocide
  • canonisation par l'Église catholique de martyrs du nazisme, morts à Auschwitz
  • etc.

En dépit de tout cela, les pays qui ont commis un génocide ne reconnaissent pas facilement leur crime et acceptent avec difficulté de présenter des excuses aux victimes et de leur accorder des réparations. Pourtant, leur responsabilité matérielle et morale est si considérable que leur culpabilité se transmet de la même manière que la mémoire des souffrances des victimes et de leurs descendants : de génération en génération.