Le négationnisme

Le négationnisme est un discours né à la suite du génocide des Juifs d'Europe. Selon cette doctrine, l'Holocauste serait un mythe. Il consiste à contester ou à nier la réalité de ce génocide perpétré par les nazis pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Par exemple, sous couvert d'une démarche scientifique, les négationnistes nient l'existence des chambres à gaz hitlériennes et l'extermination des malades mentaux, des Juifs et des Tsiganes, et d'autres groupes considérés comme racialement inférieurs, tels les Slaves.

Le négationnisme concerne toutes les attitudes qui remettent en cause des génocides prouvés. C'est ce qui prévaut en Turquie, dont les gouvernements successifs continuent de nier le génocide des Arméniens, en dépit de toutes les preuves historiques. Plus encore, le Code pénal turc contient un article condamnant à la prison toute personne affirmant que les massacres qui ont eu lieu étaient un génocide.

Le négationnisme du génocide rwandais existe également. Pour ses tenants, il s’agit de qualifier la tragédie de « massacre interethnique » en temps de guerre ou d’en faire porter la responsabilité à la rébellion tutsi du Front patriotique rwandais (FPR). Certains vont jusqu'à avancer la thèse du « double génocide » : le FPR aurait aussi commis parallèlement un génocide à l'encontre des Hutu, ce qui a pour but de minimiser la nature et l'ampleur du génocide contre les Tutsi rwandais. Bien que des massacres de Hutus aient eu lieu, dans une logique de vengeance, ces massacres n’ont aucune commune mesure avec la violence déchaînée à l’encontre des Tutsi.

En Ex-Yougoslavie, les responsables serbes ont inventé l'expression de « nettoyage ou de purification ethnique » pour ne pas se faire accuser de génocide contre les Bosniaques musulmans et les Croates qu'ils massacraient et expulsaient de force des territoires qu'ils contrôlaient.

Le négationnisme au Canada

De nombreuses législations nationales, dont le Code criminel canadien, condamnent le négationnisme des génocides reconnus, l'intention d'organiser un génocide et les propagandes haineuses et racistes. En ce sens, la négation du génocide est passible de poursuites judiciaires pouvant aller à des condamnations.

Le 1er mars 2005, le Canada déporta l'immigrant d'origine allemande Ernst Zundel vers son pays après l'avoir accusé de nier publiquement la réalité de l'Holocauste et de dénoncer l'existence d'un complot juif mondial.

Avec le développement d'Internet, le négationnisme devient un fléau qui se répand plus rapidement et facilement. Malheureusement, malgré les lois sur la cybercriminalité, il devient tout aussi difficile de prévenir et d'éradiquer les idéologies suprématistes et racistes qui se multiplient sur le réseau.